27.01.2012

Georges VERCHEVAL - Photographe

Georges VERCHEVAL
Photographe

vercheval.gifLa création du Musée de la Photographie à Charleroi n’aura pas été sans éclipser l’œuvre de Georges Vercheval, à défaut d’y mettre un terme. L’implication constante du photographe et de son épouse en ce qui apparaît aujourd’hui encore comme un pari insensé aura pesé lourd dans l’interruption d’une œuvre amorcée fin des années cinquante, avec pour conséquence l’incompatibilité qu’il lui semblait y avoir d’être à la fois juge et partie, même si ailleurs tous n’eurent pas semblable souci éthique.

 

Je ne connaissais que des fragments de sa démarche photographique, impressions furtives d’une mosaïque dont les tesselles apparaissaient comme trop distantes que pour pouvoir former un ensemble et autoriser une «rétrospective», ce terme que nous avons tenu lui et moi à éviter.

 

Ces séries éparses, ces opus, se révélèrent pourtant très vite comme obéissant à une logique, une cohérence qui les rassemblaient, déroulant entre elles un fil qu’il conviendrait de suivre, la lecture chronologique s’avérant ici autant illusoire qu’inutile.

 

Sans doute Georges Vercheval a-t-il pu encore bénéficier d’une formation classique et vivre cette époque, pas si éloignée, où la photographie ne connaissait pas la vogue et l’abondance qui est la sienne aujourd’hui que pour pouvoir se permettre d’échapper aux genres, aux auto-définitions qui convient à l’uniformité, cette époque où l’on pouvait chercher sans craindre de s’égarer parce que la route est plus belle que l’étape, sans souci de produire à tout prix.

 

Car Georges Vercheval n’attend pas le sujet : il marche à sa rencontre, il l’entoure et le cadre, se prépare à le prendre, comptant sur la lumière qui moule la forme et la détache. L’instant décisif ne l’est jamais vraiment : rien de l’instantané en ces photographies, mais une application géométrisante, presque métrique, à prélever cette part choisie du paysage, à la traduire en des épreuves impeccables qui sont la politesse des photographes tirant eux-mêmes, ponctualité et ponctuation étant ici synonymes. Une photographie méditative, une photographie de la durée, qui énonce le passage du temps. Etrange dichotomie d’un homme que j’ai toujours connu nerveux et trépidant, et de ces photographies apaisées et sereines qui sont l’autre face d’une personnalité où le calme le dispute à l’urgence.

 

Peu de gens en ces photographies où tout est pourtant présence, tant s’y dévoile la scène d’une activité humaine, le lieu d’un paysage en mutation : horizon industriel, habitat modeste comme contraint au volume, champs labourés ou pierres taillées, il n’est en ces photographies de nature vierge où l’homme ne serait venu pour y laisser, si légère soit-elle, son empreinte. En cela réside la part sociale des photographies de Georges Vercheval, hors d’une photographie strictement illustrative. Un paysage élu pour sa beauté, son équilibre et sa forme, autant que pour pouvoir, un jour, supporter l’épreuve documentaire.

 

Je ne sais si Georges Vercheval s’est posé la question à l’instant de la prise de vue. La technique, lorsqu’elle est maîtrisée, lorsqu’elle n’est pas une manie, favorise l’instinct. Il est bien un temps pour chaque chose. Voici venu, pour nous plus que pour lui, celui de reprendre ses chemins, de retrouver l’ordre des choses.

Extrait de la préface de l’ouvrage Georges Vercheval, L’ordre des choses. Photographies 1958-1988 accompagnant l’exposition."

 

Xavier Canonne, Directeur du Musée de la Photographie, Charleroi

26.01.2012

Nouvelles expositions au Musée de la Photo

Georges Vercheval - Jan Banning - Witho Worms
au Musée de la Photographie de Charleroi
 
Du 21 janvier au 20 mai 2012
 
Depuis le 21 janvier dernier et jusqu’au 20 mai prochain, le Musée de la Photographie de Charleroi propose trois nouvelles expositions : Georges Vercheval. « L’ordre des choses » - Photographies 1958-1988, Jan Banning. « Bureaucratics », et Witho Worms. « Cette montagne c’est moi ».

La première exposition est consacrée au créateur et ancien directeur du Musée, Georges Vercheval, dont
l’œuvre a été quelque peu éclipsée par le projet muséal. C’est pourquoi, un hommage lui est rendu
aujourd'hui. Ainsi, des travaux entamé au début des années soixante et des photographie de des séries
« Terrils » et « Fenêtres » sont présentées pendant ces 4 mois.

banning1.jpgLa deuxième exposition présente le travail de Jan Banning, photographe hollandais, qui, de 2003 à 2007, avec
l’auteur Will Tinnemans, ont tiré le portrait de bureaucrates dans huit pays choisis, de la Chine aux Etats-Unis
en passant par l’Inde, le Liberia, le Yémen, la Bolivie, la Russie ou encore la France.
« L’idée qui sous-tend Bureaucratics est basée sur des expériences et des irritations dues aux procédés
bureaucratiques mais également à la fascination que l’on a pour la manière dont des dizaines de millions
d’officiels dans le monde entier font tourner le gouvernement {…} Le photographe a opté pour un concept et
une composition serrés avec un arrangement parallèle d’objets visuels, une approche dans laquelle les
connaisseurs reconnaîtront les maîtres flamands comme Johannes Vermeer et Piet Mondrian.

 worms1.jpg« Cette montagne c’est moi » de Witho Worms est la troisième exposition que vous pourrez découvrir jusqu’au mois de mai 2012. Durant 6 ans, Witho Worms a minutieusement photographié des terrils en Belgique, en France, au Pays de Galle, en Allemagne et en Pologne. Pour ce projet, il a reformulé l’impression au charbon, une technique photographique du 19ème siècle. Chaque montagne étant imprimée avec son propre charbon, récolté par le photographe. Dans « Cette montagne c’est moi », Witho Worms reconstruit la montagne comme elle ne l’a encore jamais été, noire et dépouillée, dépourvue de toute vie, comme une trace monumentale que l’homme a faite dans le paysage. Il pourrait affirmer que la montagne s’est créée elle-même, mais cela n’est naturellement pas tout à fait vrai. Il est lui-même responsable d’un certain nombre de décisions par lesquelles le procédé se déroule de cette manière… « Cette montagne c’est moi » affirme-t-il.

En pratique :
Musée de la Photographie
Avenue Paul Pastur, 11
6032 MONT-SUR-MARCHIENNE
Tél. : 071/43.58.10
www.museephoto.be

« L’ordre de choses ». Photographies 1958-1988

« L’ordre des choses ». Photographies 1958-1988 de Georges Vercheval
Musée de la Photographie de Charleroi
 
Du 21 janvier au 20 mai 2012
georges_vercheval.jpgC’est une exposition tout à fait spéciale et sentimentale que le Musée de la Photographie de Charleroi propose du 21 janvier au 20 mai 2012. En effet, durant quatre mois, ce n’est pas moins que le fondateur et ancien directeur du Musée qui est mis à l’honneur : Georges Vercheval.

La fondation en 1987 du célèbre musée de la photo a quelque peu éclipsé l’œuvre photographique de son créateur. L’implication dans le projet muséal du photographe et de son épouse, Jeanne, a occulté en effet un travail entamé au début des années soixante que peu de gens ont perçu dans son ensemble, n’ayant souvent qu’une vision fragmentaire de certains chapitres, telles les séries des « Terrils » ou des « Fenêtres ».
Le travail de Georges Vercheval a été construit par thématique et est essentiellement réalisé en noir et blanc. Il ne forme pas pour autant une œuvre éparse. Une même cohérence formelle relie ces séries, leur conférant une approche originale, qu’il s’agisse du regard porté sur le paysage, l’espace urbain, la géométrisation de l’objet ou la capture du temps.
Une exposition exceptionnelle, à découvrir dès à présent au Musée de la Photographie de Charleroi.

vercheval.gifGeorges Vercheval est né à Charleroi en 1934. Il a étudié la photographie à Vevey en Suisses, ainsi que le dessin et la peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Charleroi.
Pratiquant la photographie durant quelques années, il a effectué de nombreuses expositions en Belgique mais également en dehors de nos frontières.
Dès 1961, il s’est tourné vers l’enseignement de la photographie puis de l’histoire de la Photographie notamment à l’Ecole d’art de Maredsous, à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, à lm’Institut des Arts de Diffusion à Bruxelles, à l’Académie des Beaux-Arts de Charleroi, à l’Ecole nationale supérieure des Arts Visuels La Cambre à Bruxelles.
En 1979, il a créé l’association « Photographie Ouverte » et a fondé le Musée de la Photographie de Charleroi. Il a dirigé ce dernier jusqu’en mars 2000 avant de passé le flambeau à Xavier Canonne.
Georges Vercheval est membre de l’Association européenne pour l’Histoire de la Photographie, d’ « Oracle », de la Libre Académie de Belgique et de Culture et Démocratie.

En pratique
Musée de la Photographie
Avenue Paul Pastur, 11
6032 Mont-sur-Marchienne (Charleroi)
Tél. : 071/43.58.10
Fax : 071/36.46.45
info@museephoto.be
www.museephoto.be

Heures d'ouverture :
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Fermé les lundis.

11ème Rencontres Internationales des Jeunes Pianistes

11ème Rencontres Internationales des Jeunes Pianistes
Espace Culturel de Nethen (Grez-Doiceau)
 
Du 31 janvier au 5 février 2012
 
pianistes.jpg76 pianistes, 30 pays différents : Du 31 janvier au 5 février prochain, la Commune de Grez-Doiceau ainsi que son Académie de Musique et des Arts de la Parole n’auront pas à envier le Concours Reine Elisabeth. En effet, de jeunes prodiges âgés de 7 à 24 ans issus des 4 coins du monde viendront se produire et tenter d’impressionner leur public pour remporter la meilleure place au désormais réputé concours international des Jeunes Pianistes.

Organisées pour la 11ème fois par la branche belge de l’EPTA, les Rencontres Internationales des Jeunes Pianistes se tiendront au sein de l’Espace Culturel de Nethen.

L’EPTA, fondée en 1978 à Londres par Carola Grindea, représentée actuellement dans 38 pays européens, est une organisation formée de professeurs de piano, ayant pour but de défendre les valeurs humaines et artistiques liées à la pratique de la musique et de s’intéresser à tous les aspects de l’art et de l’enseignement du piano depuis les débuts, si décisifs, jusqu’à la maîtrise. Dans ce cadre, elle promotionne l’échange et la rencontre de jeunes talents.
Que de mieux que le mélange des cultures et des traditions pour approfondir la pratique de ce magnifique instrument qu’est le piano…

Durant leur séjour, les jeunes musiciens logeront soit chez l’habitant, soit dans un hôtel de Wavre. Ils pourront s’exercer sur les pianos de l’académie de Grez-Doiceau, de Wavre et de l’école de Nethen.

Ces 11èmes Rencontres Internationales, entièrement accessibles gratuitement au public, débuteront le 31 janvier 2012 par un concert donné par d’anciens lauréats.
Du mercredi au vendredi, place au concours !
Le samedi 4 février, une « master class » sera organisée par les membres du jury et des professeurs de piano qui donneront une leçon aux concurrents.
Le dimanche 5 février, vous pourrez apprécier la finale du concours, suivie d’un concert de Takako Yanagihara, pianiste, et d’Emilie Maggio, toutes deux professeurs à l’Académie grézienne.
Enfin, vers 21h30, proclamation des résultats.

Renseignements
Espace Culturel de Nethen (Grez-Doiceau)
Place de Trémentines
1390 NETHEN
Tél.: 010/84.00.83
http://www.grez-doiceau.be

EPTA : www.epta.be

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